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Programmation 2017

Entrevue Mélanie Maynard

Par GuideOfficiel

On 24, mai 2017 | In | By GuideOfficiel

Entrevue Mélanie Maynard

Sophie : Mélanie, tu passeras l’été au Théâtre des Hirondelles, à Saint-Mathieu-de-Beloeil, dans une pièce que tu as coécrite. Peux-tu nous en dire davantage ?

Mélanie : C’est une pièce que j’ai écrite avec mon ami Jonathan Racine. Quand on l’a écrite, on ne savait pas que j’allais jouer dedans. La demande est venue des producteurs qui insistaient pour que je fasse mon retour au théâtre dans une pièce que j’avais écrite. Mais je me suis composé un personnage sur qui ne repose pas toute la pièce, ce n’est pas moi qui porte tout le poids sur mes épaules! (rires)

Sophie : Parle-nous de ce personnage : Marie-Claire, qui est-elle?

Mélanie : Marie-Claire est la fille de Lorraine, une femme dans la soixantaine assez exaltée qui revendique la vie libre et sans soutien-gorge, jouée par Louise Portal. Elle va passer l’été dans un chalet qu’elle loue année après année. Sauf que sa fille, Marie-Claire, arrive au chalet avec une dépression. Disons que c’est une pièce qui parle beaucoup du regard qu’on porte sur soi et sur les autres. Il parait que le regard le plus important qu’on a dans une vie, c’est le premier, celui de notre mère. Mais la mère de Marie-Claire a tellement été occupée à attirer les regards sur elle-même qu’elle a oublié de regarder sa fille. En découlera une compétition mère-fille qui va passer par le biais d’un concours de pain organisé par le village, d’où le titre de la pièce : Pain blanc! Le pain blanc, c’est le pain ordinaire, le pain quotidien. Parfois, on essaie de dépasser cet ordinaire-là, mais il nous rattrape. C’est un peu le message de la pièce.

Sophie : Comme tu le mentionnes, ce sera un retour sur les planches pour toi cet été ; comment apprivoises-tu ce retour ?

Mélanie : C’est très énervant parce que, dans mon cas, c’est un double stress. Il y a le stress de jouer un rôle, mais aussi celui d’être l’auteure de la pièce. Chaque blague qui ne déclenchera pas de rire, c’est l’auteure en moi qui va le prendre, alors je me sens toujours concernée. Pour me mettre moins de pression, j’aime dire à la blague que, si jamais ça ne fonctionne pas, ce sera la faute de la mise en scène!

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Sophie : À quand remontait la dernière fois où tu avais joué sur scène?

Mélanie : Ça fait quinze ans. J’ai tout de même reçu beaucoup d’offres parce que, sincèrement, je crois que c’est un médium qui me va bien. J’ai une tendance comique et j’ai une formation en théâtre. Jouer, c’est quelque chose que j’aimais beaucoup faire, mais avec les enfants et les obligations, c’était difficile de me mobiliser tout un été et de rester au même endroit pendant toute la saison, surtout que je travaillais généralement beaucoup pendant l’année. Mais je suis tombée en amour avec cette équipe-là. Les nouveaux producteurs nous connaissent depuis longtemps Jonathan et moi, alors j’ai eu envie de vivre l’expérience. J’avais écrit une autre pièce il y a quelques années qui était partie en tournée et j’étais jalouse des comédiens qui rencontraient le public après les représentations. J’ai eu envie de vivre ce contact-là avec les gens.

Sophie : Cette pièce est coécrite avec Jonathan Racine, un compagnon de travail de longue date : comment structurez-vous ce duo ? comment ça se passe entre vous ?

Mélanie : Ça va très bien! On travaille ensemble depuis longtemps parce que moi, j’adore les dialogues, et lui, c’est le metteur en scène, il a une vision de réalisateur. Il voit bien la structure de la pièce et moi je la remplis avec le texte. Souvent, c’est comme ça qu’on travaille et nous aimons faire en sorte que le public ne se rende pas compte qu’il est au théâtre. Jonathan fait toujours des mises en scène très cinématographiques avec des génériques. On aime aussi le même genre d’œuvre, le tragicomique, et de plus en plus de théâtres d’été osent se lancer dans ce genre de productions.

Sophie : Parlons-en du théâtre d’été! Avec les années, on a entendu tellement de choses à propos de ce genre de théâtre… qu’est-ce que tu en penses?

Mélanie : Du peu que j’ai vu, parce que je dois avouer que je n’en ai pas vu énormément, je crois le théâtre d’été a vécu une sorte de révolution récemment. Il y a beaucoup de pièces qui sont reprises en saison régulière et qui partent en tournée par la suite. Les gens ont encore besoin de rire, les gens ont besoin de se détendre, mais j’ai l’impression qu’on a monté quelques marches en ce qui concerne la qualité.

Sophie : Il y a aussi le fait que l’été, il y a une proximité avec les acteurs. Comme si, après chaque représentation, on célébrait l’œuvre qu’on venait de voir…

Mélanie : Oui! Le fait qu’on prenne un verre avec les gens après le spectacle rend l’événement très festif dans une ère où on ne se rencontre malheureusement plus beaucoup en personne. Lorsqu’on fait de la télé, le public est virtuel, on ne le voit pas! Et la convivialité du théâtre d’été, on ne l’a pas nécessairement avec du théâtre de saison. L’été est tellement court, aussi bien prolonger la nuit!

Sophie : Ton été ne sera pas de tout repos puisque tu as écrit une 2e pièce avec Jonathan. Parle-moi de Docile qui sera présentée au Petit Théâtre du Nord ?

Mélanie : Docile, c’est une pièce qu’on a écrite pour le Petit Théâtre du Nord, qui est un théâtre de création. Il y a vingt ans, Jonathan et moi avions eu le mandat de sa première création. Pour fêter son vingtième anniversaire l’équipe du Petit Théâtre du Nord nous a demandé d’écrire une pièce qui sera présentée cet été. Docile se déroule dans les années soixante, à New York. C’est une pièce en noir et blanc qui raconte l’histoire d’un couple qui arrive à New York pour vivre le rêve américain. La pièce met en évidence l’époque où les femmes s’émancipent par rapport à la religion et à leur couple, où elles commencent à avoir le droit d’ouvrir leur propre compte à la banque, etc. Mais notre personnage va tomber sous le joug du cosmétique, du superficiel et de l’apparence. Elle va donc s’affranchir de quelque chose pour devenir esclave d’autre chose. C’est un suspense, on ne sait pas ce qui va lui arriver! Jonathan et moi, on aime écrire sur les femmes et pour les actrices.

Sophie : L’écriture, le jeu… tu touches déjà à plusieurs aspects de la création théâtrale ; est-ce que la mise en scène est une chose qui pourrait t’intéresser un jour ?

Mélanie : Non, pas du tout! Diriger, avoir tout le poids d’une pièce sur mes épaules, je trouverais ça difficile étant donné que j’ai un petit TDA. J’aurais du mal à gérer toutes les choses en même temps. Mais, dans l’écriture, on fait tout de même de la mise en scène. Un texte qui n’a l’air de rien à la première lecture est déjà monté dans notre tête quand on l’écrit.

Sophie : Donc ton plaisir à toi, il se trouve dans l’écriture et tu le retrouveras aussi dans ton retour sur scène?

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Mélanie : Oui! Enfin, je ne le sais pas encore, je le saurai au mois de juillet! La difficulté avec Pain blanc c’est qu’il faut déconstruire Mélanie Maynard. C’est le défi de Jonathan à la mise en scène : faire oublier Mélanie Maynard. C’est très difficile de penser que, quand je vais arriver sur scène, les gens vont s’attendre à me voir, mais que je devrai leur faire oublier qui je suis. Il faut avoir une énergie qui est très différente.

Sophie : Tu parles d’énergie sur scène… on te voit à la télé depuis quelques années… y a-t-il une différence marquée entre le jeu au théâtre et celui de la télévision ?

Mélanie : Au théâtre, nous avons un luxe que nous ne pouvons plus avoir en télévision. Nous avons des répétitions, il y a des gens qui fignolent chaque détail alors que la télé est un milieu où tout va très vite. À la télé, aussi, il faut que tout soit très petit alors qu’en général je suis une personne assez expansive donc je pense que je vais être meilleure au théâtre qu’à la télé. Alors si vous me détestez à la télé, venez me voir au théâtre! (rires)

Sophie : On sait que ta fille Rosalie, qui a vingt ans, fait de plus en plus sa place dans le domaine, est-ce que tu caresses le rêve de jouer avec elle un jour?

Mélanie : Oui! Mais c’est drôle parce que, depuis que ma fille a fait son apparition dans mon émission de radio, il n’y a pas une maison de production qui ne nous a pas appelées pour nous proposer des projets ensemble. Mais elle, et je la comprends très bien, souhaite aussi faire son nom de façon indépendante alors on laisse la vie en décider!

Sophie : Merci beaucoup Mélanie! Comme tous les gens du guide, nous irons voir tes deux pièces cet été : Pain blanc, une comédie sans gluten, au Théâtre des Hirondelles, et Docile, au Petit Théâtre du Nord.